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Restauration de fermes en moellons, maisons de maître et monuments

Quarante ans dans les fermes et les maisons de maître du plateau. On sait ce qui se garde et ce qui se remplace.

Façade du château d'Hourpes, brique et silex, tour belvédère et toitures en ardoises, rénové par CP Renove

Une ferme en moellons, ça se rénove autrement

Les murs font 60 cm, ils sont montés en moellons calcaires à la chaux, sans fondation au sens moderne, sans coupure capillaire. Ils bougent un peu, ils respirent, ils sèchent par les joints. Tout ce qu'on fait doit respecter ça. Mortier de chaux, enduits à la chaux, pas de ciment qui enferme l'humidité. Les remontées capillaires dans les murs du rez, on les gère par drainage extérieur et enduits respirants, pas en cachant derrière un plâtre qui cloquera dans deux ans.

On a restauré plusieurs fermes de ce type dans le Pays de Herve, et des maisons de maître en brique avec encadrements en pierre bleue. À chaque fois la même méthode : comprendre comment le bâtiment a été construit avant de décider quoi que ce soit. Un linteau en chêne piqué peut souvent être conservé, doublé par un profilé caché. Une baie transformée dans les années 60 peut retrouver ses dimensions d'origine.

Toiture et charpente ancienne

Ardoises naturelles posées au crochet, ou dans certains cas au clou sur voligeage, avec la zinguerie en zinc ou en plomb aux points singuliers. On refait la couverture sur la charpente d'origine après l'avoir vérifiée pièce par pièce. Un entrait ou un arbalétrier attaqué se remplace ou se renforce ponctuellement ; on ne refait pas de charpente neuve, on travaille avec un charpentier quand la structure elle-même est en cause. Les lucarnes et les cheminées sont restaurées dans leur forme.

Les techniques, sans les montrer

Chauffage, électricité, sanitaire dans un bâtiment ancien, c'est le plus difficile à faire proprement. On a rénové le château d'Hourpes de fond en comble, chaufferie comprise : plusieurs circuits, de grands volumes, une installation qu'il fallait faire passer sans saignées dans des murs de 80 cm. On passe par les caves, le grenier, les anciens conduits de cheminée, derrière les lambris. Le tableau est conforme au RGIE, l'installation est documentée, et rien ne se voit dans les pièces de réception.

Le chauffage au sol dans une chape neuve sur les sols refaits, des radiateurs en fonte restaurés et repeints ailleurs, parce qu'ils vont avec la maison. Une maison de maître avec des plafonds de 3,50 m se chauffe autrement qu'un bungalow, on ne dimensionne pas sur les mêmes bases, et l'inertie des murs épais change tout au réglage.

Ce qu'on refuse de faire

Sabler une brique ancienne. Recouvrir une façade en moellons d'un crépi sur isolant. Mettre du polyuréthane contre un mur humide. Poser des châssis en PVC blanc sur une maison de maître, même si c'est moins cher. On vous dira non sur ces points, et on vous expliquera pourquoi. À côté de ça, on ne fait pas non plus d'études historiques ni de relevés : pour un bâtiment classé, l'architecte et l'Agence wallonne du Patrimoine encadrent le projet, et on travaille dans ce cadre.

Le temps que ça prend

Un bâtiment ancien se rénove lentement. Les enduits à la chaux sèchent moins vite que le plâtre, les moellons se reposent un par un, chaque baie a ses propres dimensions. On préfère un devis phasé et honnête sur les délais qu'une promesse qu'on ne tiendra pas. Le patron est sur place tous les jours sur ce genre de chantier, parce que c'est là que les décisions se prennent au moment où on ouvre un mur.

Derrière la façade en photo plus haut, le château d'Hourpes est le plus gros chantier de rénovation complète qu'on ait mené : les techniques d'abord — chaufferie, électricité, sanitaire —, puis les pièces, une par une. En voici trois. Dans un bâtiment pareil, la moitié du travail ne se voit pas : elle passe derrière les murs, sous les sols et par les caves.

Questions fréquentes

Vous travaillez sur les bâtiments classés ?

Oui, dans le cadre fixé par l'architecte et l'Agence wallonne du Patrimoine. Sur un bâtiment classé, chaque intervention doit être autorisée et documentée, les matériaux sont imposés, et il faut un peu plus de patience. On a l'habitude. Pour un bâtiment simplement repris à l'inventaire, c'est plus souple, mais on applique les mêmes méthodes.

Pourquoi la chaux plutôt que le ciment ?

Parce que les murs anciens ont été montés avec, et qu'ils ont besoin de sécher par les joints. Le ciment est plus dur que la pierre et étanche : l'humidité reste dans le mur, gèle, et fait éclater les moellons ou la brique. On voit le résultat sur les façades rejointoyées au ciment dans les années 80. La chaux, ça prend plus de temps, mais ça dure.

On peut isoler une vieille ferme ?

Oui, mais pas n'importe comment. Par la toiture d'abord, ce qui est le plus rentable. Par les planchers sur cave. Par l'intérieur des murs seulement avec des matériaux qui laissent passer la vapeur, et en gardant un œil sur les ponts thermiques. On ne recouvre pas les moellons à l'extérieur. Une ferme bien isolée par le toit et bien chauffée est déjà très confortable.

Il y a des primes pour ce genre de travaux ?

Les primes de la Région wallonne pour l'isolation et le chauffage s'appliquent aux bâtiments anciens comme aux autres, sous conditions d'audit. Pour les bâtiments classés, il existe des aides spécifiques via l'Agence wallonne du Patrimoine. On vous oriente, mais le dossier passe par votre architecte et les administrations, pas par nous.

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